Oryx Algazelle
Disparu depuis des décennies des dunes et des plateaux du Sahara, l’oryx algazelle (Oryx dammah) renaît aujourd’hui dans le sud marocain. Majestueuse antilope aux cornes effilées et au pelage clair, elle incarne l’esprit des grandes étendues sauvages. Longtemps chassée, quasiment effacée du paysage, cette espèce emblématique fait désormais l’objet d’un programme de réintroduction ambitieux dans plusieurs réserves du Royaume.
Quels sont les sites concernés ? Combien d’individus vivent à nouveau en liberté ? Et pourquoi ce retour est-il une si bonne nouvelle pour la biodiversité du désert ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce géant discret qui réapprend à courir librement sur les terres du Maroc.
Quand l’oryx algazelle peuplait les déserts marocains
Autrefois bien présent dans les régions sahariennes et présahariennes du Maroc, notamment au sud de l’oued Drâa, l’oryx algazelle faisait partie intégrante de la faune locale. Cette grande antilope, robuste et gracieuse, était parfaitement adaptée aux conditions arides : elle pouvait survivre plusieurs semaines sans boire, en ralentissant sa transpiration pour limiter les pertes d’eau.
Mais son endurance n’a pas suffi. Victime de la chasse et de la disparition de son habitat naturel, cette espèce de la faune saharienne a fini par s’éteindre à l’état sauvage dans les années 1970. Aujourd’hui encore, malgré sa robustesse et son agilité, l’oryx préfère les zones de savane sèche et les steppes arbustives aux dunes trop arides du désert central. C’est dans ces paysages de transition, entre reg et acacias, qu’il retrouve peu à peu ses repères.
L’oryx algazelle, le représentant saharien du genre Oryx
Le genre Oryx regroupe trois espèces d’antilopes parfaitement adaptées aux milieux arides, chacune ancrée dans un territoire bien défini :
- Oryx gazella : connu sous le nom de gemsbok, il vit en Afrique australe (Namibie, Botswana, Afrique du Sud). Robe grise marquée de noir, cornes puissantes : c’est le plus massif du groupe.
- Oryx leucoryx : appelé oryx d’Arabie ou oryx blanc, il est originaire de la péninsule Arabique. Plus petit et très clair, il a été sauvé de l’extinction grâce à des programmes de réintroduction réussis.
- Oryx dammah : l’oryx algazelle, quant à lui, est typique du pourtour saharien (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad…). Il se distingue par son pelage pâle presque blanc, ponctué de marques fauves sur le poitrail, le front et l’extrémité de la queue.
Plus imposant que l’oryx d’Arabie (1,20 m au garrot pour environ 150 kg), mais moins massif que le gemsbok, l’oryx algazelle se caractérise par ses longues cornes fines et annelées, identiques chez les deux sexes. Il forme des troupeaux nomades qui se déplacent au gré des ressources végétales.

Réintroduction de l’oryx algazelle au Maroc : un désert qui renaît
Disparu à l’état sauvage dans les années 1970, l’oryx algazelle (Oryx dammah) réapparaît peu à peu dans les paysages arides du sud marocain. Porté par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts, un vaste programme de réintroduction vise à restaurer cette antilope saharienne emblématique dans son milieu naturel.
Plusieurs sites stratégiques accueillent aujourd’hui des populations suivies et protégées :
- La réserve de M’cissi (province de Tinghir)
En 2015, 18 oryx ont été introduits (11 femelles et 7 mâles) dans cette zone de 4 000 hectares, située entre Rissani et Tazzarine. Grâce à des conditions favorables et à un suivi rigoureux, la population y a fortement progressé : on y compte désormais plus de 140 individus. Ce noyau fondateur marque un tournant pour la biodiversité du sud-est marocain. - Le Parc national de Souss-Massa
Site pionnier de la conservation des antilopes au Maroc, ce parc a longtemps servi de centre d’élevage pour les espèces sahariennes. Il héberge toujours des individus en captivité et joue un rôle clé dans la préparation aux réintroductions. - La région de Boujdour (Sahara atlantique)
En 2019, une étape décisive a été franchie avec la réintroduction directe de vingt oryx à l’état sauvage. Cette opération marque une extension géographique du programme vers l’ouest, dans une zone plus vaste et naturellement favorable à la dispersion des troupeaux.
En 2024, les estimations officielles indiquent qu’environ 260 oryx algazelle vivent aujourd’hui dans les réserves marocaines, faisant du Royaume le principal conservatoire de l’espèce en Afrique du Nord.
Au-delà de la seule protection animale, ce programme s’inscrit dans une stratégie plus large : restauration des écosystèmes désertiques, développement d’un écotourisme responsable et retombées économiques pour les communautés locales.
Un programme global pour restaurer la faune saharienne
La réintroduction de l’oryx algazelle s’inscrit dans un projet plus vaste : redonner vie à l’ensemble de la mégafaune saharienne autrefois présente dans les régions désertiques du sud marocain.
Aux côtés de l’oryx, plusieurs espèces menacées bénéficient d’actions coordonnées de conservation, menées par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification avec le soutien de partenaires scientifiques et internationaux.
Parmi les espèces emblématiques concernées :
- La gazelle dama mhorr (Nanger dama mhorr)
Sous-espèce saharienne gravement menacée, reconnaissable à sa robe blanche et fauve. Elle fait l’objet d’un suivi attentif dans la réserve de M’cissi. - L’addax (Addax nasomaculatus)
Antilope du désert par excellence, au pelage pâle et aux cornes torsadées. Disparue de son aire marocaine, elle fait l’objet d’un projet de réintroduction à long terme. - La gazelle Dorcas(Gazella dorcas)
Plus commune mais en déclin, cette petite antilope agile bénéficie d’aires de protection et de programmes de reproduction en semi-liberté. - Le cerf de Barbarie (Cervus elaphus barbarus)
Unique cervidé d’Afrique du Nord, réintroduit dans les zones forestières du nord et en observation dans les zones steppiques du Sud.
Toutes ces espèces évoluent dans des réserves adaptées, comme celle de M’cissi, qui combine protection écologique et retombées économiques pour les habitants. L’objectif est clair : recréer un équilibre durable entre vie sauvage, préservation des écosystèmes et développement local.
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